"Un blog sépia, ambiance daguerréotype et toile de Jouy, qui vous fera voyager à travers les plaines venteuses de la littérature et les déserts brûlants de la game infernale".

Charlie Tuna.







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jeudi 2 décembre 2010

Chapitre 91- La forêt enchantée (epilogue)


" -Hé oui, fit le directeur, l'expérimentation pratique sur des êtres humains est un concept que la plupart des gens se refuseraient à admettre. Et pourtant cela vaut mieux que de diriger toute l'humanité sans aucun contrôle. De plus, nous avons beaucoup d'égards pour nos "cobayes". Dès que nous avons fini notre étude sur chacun de leurs groupes, nous les intégrons, après la réeducation qui convient, au sein de la Confédération.
 -En tout cas...commença Fedris songeusement.
 -Vous pensez que ça ressemble un peu à certaines idées des Hors-la-loi ?
 -Un peu, admit Fedris.
 -C'est aussi ce que je me dis quelquefois, reconnut le directeur avec un sourire, avant de servir à son invité une nouvelle rasade de vin."
La forêt enchantée (Fritz Leiber).

That's all folks !!

mardi 30 novembre 2010

Chapitre 90- La forêt enchantée (partie 8)


"Il bascula en avant, tandis qu'un autre étau lui emprisonnait le torse, immobilisant ses coudes entre ses côtes. Son pulvériseur lui échappa des mains et il s'écroula sur le sol. Allongé sur le sol, hors d'haleine, il vit Alfors et Kors qui le regardaient tout en resserant autour de lui leurs lassos, pour l'immobiliser plus étroitement. Il entendit Alfors demander : "Sefora, tu n'as rien ?" et une voix féminine répondre : "Non. Laisse moi le voir." Puis le visage de Sefora apparut dans son champ de vision, nimbé du champ de poussière que son pulvériseur avait tout à l'heure déclenché. Elle l'observait avec une curiosité impersonnelle, et l'extremité de ses cheveux vint lui caresser la joue. Alors Elven ferma les yeux et hurla, hurla et hurla encore..."
La forêt enchantée (Fritz Leiber).

lundi 15 novembre 2010

Chapitre 85- La forêt enchantée (partie 7)


"Par moments il avait l'impression d'être suivi par des brebis et des chèvres cabriolantes, et par toutes sortes de monstres étranges qui étaient en réalité ses frères et ses soeurs. A d'autres périodes, seules deux nymphes accompagnaient ses pas, l'une d'elles au cheveux de flammes. Elles dansaient à ses côtés et chantaient avec lui à l'unisson avec des voix claires et douces, tout en lui adressant des sourires pervers. Vers le matin, recru de fatigue, il détacha son sac à dos et l'abandonna derrière lui ; un peu plus tard, il arracha le médaillon de son cou et le jeta par terre."
La forêt enchantée (Fitz Leiber).

samedi 14 août 2010

Chapitre 61- La forêt enchantée (partie 6)


"Sefora!" cria-t-il en essayant de se lever sans y parvenir, car le corps d'Alfors était tombé en travers de ses jambes. "Sefora!" cria-t-il encore sur un ton implorant, mais elle ne semblait pas l'entendre et son visage n'était qu'un masque de haine. Aussi actionna-t-il a nouveau le pulvériseur et les dents de la fourche ainsi que le visage de Sefora et sa chevelure flamboyante se réduisirent en un nuage de poudre grise. Son corps décapité, cabré selon un angle bizarre, tournoya puis s'abattit en roulant deux fois sur lui-même, tandis que la fourche aux dents disparues se plantait dans le sol. Et ce fut enfin le silence, troublé seulement par le mugissement lointain d'une vache."
La forêt enchantée (Fritz Leiber).

jeudi 1 juillet 2010

Chapitre 40- La forêt enchantée (partie 5)


 "Une heure plus tard son pulvériseur désintégra un fouillis de branches entremêlées pour révéler le ciel à l'arrière-plan. Il déboucha dans une clairière de près d'un kilomètre de diamètre. Devant lui clapotait une rivière dont le cours déterminait une petite vallée, autour de laquelle s'étendaient des moissons. Un peu en retrait, se dressait une colline aux flancs couverts de vergers. Sur son côté le plus rapproché étaient disséminées des maisons grises et basses. Un panache de fumée montait de l'une d'elles. Un homme apparut au détour de la colline, conduisant du bétail.

 Elven chassa en hâte la première pensée qui lui venait, pour se dire que sa boussole devait être déréglée, qu'une force inconnue l'avait régulièrement désaxée pour le faire tourner en rond et finir par le ramener à son point de départ. (Sa première pensée, elle, aussitôt censurée, avait été qu'il s'agissait de l'un des mystères surnaturels annoncés par Fédris.)
 Puis, comme si temps lui aussi revenait en arrière selon un mouvement circulaire - idée qu'il repoussa encore plus précipitamment - il vit Sefora debout devant le taillis qu'il reconnaissait bien, juste devant lui."
La forêt enchantée (Fritz Leiber).

dimanche 27 juin 2010

Chapitre 38- La forêt enchantée (partie 4)


"Elven se sentait de bonne humeur. Ces êtres frustes n'étaient pas sans ressembler à ses propres congénères, les Hors-la-loi. Ils possédaient une trace de cet esprit libre et insouciant que haîssait tant les habitants de la Confédération. (Au bout d'un certain temps, la ressemblance s'avéra pénible et, d'un geste impérieux, il réfréna leur gaieté et leur enthousiasme.)"
La forêt enchantée (Fritz Leiber).

jeudi 24 juin 2010

Chapitre 37- La forêt enchantée (partie 3)


"Les buissons de ronces étaient si épais qu'Elven fut pris par surprise en débouchant dans la clairière. L'instant d'avant il regardait un entrecroisement touffu de rameaux noircir sous le rayon invisible du pulvériseur. Puis le vide se fit à la place et, au bout de quelques pas, il se retrouva non pas au pays des fées mais dans le genre d'endroit où les contes de fées furent narrés à l'origine.
 La clairière avait près d'un kilomètre de diamètre. La forêt de ronces l'entourait d'un cercle compact. A une centaine de mètres sur la droite d'Elven, une rivière sortait en clapotant de la végétation vénéneuse et elle traversait la claircière le long d'une vallée faiblement encaissée. A quelque distance de la rivière s'élevait une petite colline, au flanc de laquelle s'éparpillait un groupe de batîments gris. Un panache de fumée montait de l'un des toits."
La forêt enchantée (Fritz Leiber).

mardi 22 juin 2010

Chapitre 36- La forêt enchantée (partie 2)


" Cette fois Elven ne répondit pas. Il se tâta la gorge et sortit précautionneusement d'un médaillon qui s'y trouvait accroché une petite sphère blanche, pas plus grosse qu'une abeille. Il la tint comme un objet précieux dans sa paume, en l'examinant avec une sombre ironie. Puis, la maniant toujours comme s'il s'agissait d'une sorte d'amulette ou de fétiche, il la replaça dans le médaillon.
 La voix blessée n'était plus qu'un murmure spectral :
 "Vous êtes seul, Elven. Seul avec les mystères et les terreurs de l'univers. L'inconnu vous retrouvera avant nous, Elven. Le temps, l'espace et le destin s'uniront pour conspirer contre vous. Le hasard lui-même sera..."
 La voix fantomatique transmise par la radio s'éteignit tandis que s'annihilait la dernière bribe d'énergie qui subsistait dans l'équipement détérioré de l'astronef. Le silence envahit les entrailles éventrées de l'appareil."
La forêt enchantée (Fritz Leiber).

dimanche 20 juin 2010

Chapitre 35- La forêt enchantée (partie 1)


"L'obscurité sentait le renfermé comme les feuilles d'arbre de Formalhaut Aa ; elle avait l'âcreté d'un feu de brousse sur Rigel ; elle était agitée d'une trépidation comme les maisons de danse des Hors-la-loi. Elle était emplie d'un bourdonnement grave et vibrant pareil à celui d'une guêpe blessée sur la Terre.
 Un mécanisme ronronna mollement. Une porte ovale s'ouvrit dans l'ombre. Par l'interstice filtra une douce lumière verte-ainsi que la senteur unique, ici chargée d'arômes et d'acicidité végétale, d'une planète nouvelle."
La forêt enchantée (Fritz Leiber).

vendredi 18 juin 2010

Chapitre 34- La forêt enchantée (prologue)



Aujourd'hui, une nouvelle rubrique...J'essaie de faire une petite bd, et j'ai pensé qu'illustrer une nouvelle de SF à base de petites illustres de différents formats serait un bon entraînement, tant au niveau des cadrages que de la colorisation. Voici donc une rubrique qui va s'étendre sur une dizaine de notes, marquant les moments clés d'une nouvelle de Fritz Leiber, qui m'avait frappé à l'époque par sa dimension poètique et désespérée.

A bientôt pour le premier extrait...